Une économiste de la santé recommande le renforcement de la gouvernance sanitaire
L’économiste de la santé Assiétou Fall Diallo, en service à la direction de la Planification, de la Recherche et des statistiques (DPRS), recommande un renforcement de la gouvernance et de la coordination intersectorielle pour passer d’une santé curative à une santé préventive.
“Pour arriver à réaliser cette vision de passer d’une santé curative à une santé préventive, il faut renforcer la gouvernance et la coordination intersectorielle, tout en améliorant la prévention des maladies et la résilience aux changements climatiques”, a déclaré Mme Diallo.
Elle prenait part au dîner-débat organisé lundi par l’Association des journalistes en santé, population et développement (AJSPD), sur le thème “La place de la santé dans le nouveau référentiel Sénégal 2050”.
Selon cette économiste de la santé, dans l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, le programme de développement proposé par les nouvelles autorités, il est prévu le passage d’une santé curative à une santé préventive.
Ce document préconise par ailleurs la mise en place d’un nouveau modèle économique avec une assurance maladie obligatoire d’ici 2035.
L’optimisation de la carte sanitaire avec au moins un hôpital de niveau 3 par région, fait également partie des points pris en compte par l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, souligne Assiétou Fall Diallo.
Elle cite également le renforcement du capital humain avec des ressources humaines, matérielles et financières équitablement réparties.
De même les nouvelles autorités envisagent-elles de faire du Sénégal un hub régional en matière de soins et d’industrie pharmaceutique.
Pour ce faire, Assiétou Fall Diallo suggère de “mobiliser davantage les ressources domestiques avec un accent sur les financements innovants”, soulignant que le financement basé sur la performance et l’amélioration des dispositifs de suivi-évaluation constituent, dans cette perspective, des ébauches solutions.
Assiétou Fall Diallo a par ailleurs évoqué les enjeux du système de santé sénégalais relativement à certaines “insuffisances structurelles”, à l’offre de soins qui pâtit d’une insuffisance de personnel qualifié et de leur inégale répartition, ainsi que le déficit en équipements et infrastructures.
De même, elle a relevé des disparités territoriales, en particulier des inégalités marquées entre zones urbaines et rurales dans l’accès aux soins essentiels.
“Ces aspects sont associés à un financement fragile marqué par une forte dépendance aux ressources extérieures et aux paiements directs des patients, une couverture sanitaire universelle incomplète”, a-t-elle exposé.
Mme Diallo souligne, dans ce registre, que le “double fardeau sanitaire” resté lié à la persistance des maladies transmissibles et à l’émergence des maladies non transmissibles, soulignant que la gouvernance du secteur est caractérisée par “une fragmentation institutionnelle, une faiblesse du système d’information et de gestion au niveau des programmes de santé”.
Elle signalé les politiques arrêtées dans le secteur de la santé devront s’inspirer d’une nouvelle Lettre de politique sectorielle 2025-2029, laquelle a été ajustée à la Stratégie nationale de développement (SND), à l’objectif de relance des soins de santé primaires et à la Couverture sanitaire universelle.


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