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Déficit de personnel et financements insuffisants : le double handicap de la santé publique africaine

Le déficit chronique en personnel de santé et les budgets trop bas plombent les systèmes publics en Afrique, malgré leur rôle central dans la prise en charge des populations, ont alerté des experts réunis à Addis-Abeba, en Éthiopie.

Lors de la quatrième journée de la Réunion annuelle des pays de Countdown 2026, les délégués de 36 pays de la région africaine ont dressé un état des lieux préoccupant à partir des données DHIST 2024.

Un secteur public sous pression

Dans plusieurs pays, l’essentiel de l’offre de soins repose encore sur le public. Au Sénégal, au Mozambique, en Éthiopie et au Rwanda, plus de 90 % des structures sanitaires relèvent du secteur public.

À l’inverse, le Mali et le Cameroun affichent une prédominance du privé. En Ouganda et au Malawi, les établissements privés représentent plus de 60 % du parc.

Cette dualité se retrouve dans les actes. Si la majorité des accouchements se font dans le public, entre 62 % et 71 % des césariennes sont réalisées dans le privé, selon les sous-régions. Une situation qui contribue aux taux élevés observés en Afrique de l’Est et australe, au-dessus des 10 % à 15 % recommandés par l’OMS.

Manque de moyens et disparités

Les participants ont pointé trois freins majeurs : l’insuffisance des ressources humaines, le faible financement et les lacunes des systèmes d’information.

En Afrique subsaharienne, les dépenses publiques de santé ne représentent que 6 % à 10 % du budget national. Loin de l’objectif de 15 % fixé par la Déclaration d’Abuja.

Pour atteindre la Couverture sanitaire universelle, les références évoquées sont exigeantes : 2 établissements pour 10 000 habitants, 25 lits pour 10 000 habitants et 44,5 personnels de santé pour 10 000 habitants. Le seuil minimal de l’OMS de 2006 était de 23.

La croissance démographique accentue la pression sur les infrastructures et les effectifs qualifiés. Plusieurs pays ont engagé des réformes pour mettre les hôpitaux publics aux normes.

Le rôle du privé à mieux encadrer

Le secteur privé représente près de 34 % de l’offre de soins dans certains pays. Les experts ont plaidé pour l’obligation de transmission régulière de données sanitaires par toutes les structures privées afin de mieux piloter les politiques publiques.

La Facilité de financement mondiale soutient l’évaluation de la performance : mesurer la qualité des services et la couverture au regard des ressources mobilisées. Placée sous le thème du renforcement de la production et de l’utilisation des données probantes, la réunion de Countdown 2026 doit permettre aux États d’orienter leurs politiques pour améliorer l’équité d’accès aux soins à l’horizon 2030




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